Il y a quelques semaines, notre école était à l'honneur du magazine "Irish fighter", qui lui consacrait sa couverture et un petit dossier. Il faut dire que l'assistant principal de Maître Ding, Ross Cousens, est établi à Dublin depuis une dizaine d'années. Au fil du temps, il y a formé de nombreux instructeurs, si bien que les irlandais sont à présent une des branches locales les plus dynamiques de la Master Ding Academy avec plus de quinze cours hebdomadaires à Dublin, sans compter ceux de Cork et de North Kildare.

Le titre de l'article prête un peu à confusion : "Un Kiwi en vol - ce sont les voyages qui font un maître de Tai Chi". Il faut savoir que Ross est en fait originaire de Nouvelle-Zélande. C'est donc un long chemin, au propre et au figuré, qui l'a mené là où il est. Il explique d'ailleurs dans cette interview qu'il est courant pour un jeune néo-zélandais de faire un voyage de deux ans en Europe pour découvrir de nouveaux horizons. Le sien ne s'est jamais arrêté, semble-t-il.

Dès l'enfance, Ross a baigné dans les arts martiaux. Son père pratiquait déjà lui-même la boxe, la lutte, puis le Judo et le Ju-Jitsu. Mais ce n'est qu'à son arrivée à l'université que - selon sa propre expression - "il fut touché par la foudre". Six semaines dans une école de Tai Chi avaient complètement changé son approche, ses croyances et ses ambitions. Lorsqu'il quitta la Nouvelle-Zélande pour l'Europe, c'était avec la ferme intention d'y revenir pour devenir instructeur.

Arrivé à Londres, il essaya plusieurs écoles de Xin Yi et de Tai Chi Chuan, jusqu'à ce qu'il mette les pieds dans un cours de Maître Ding. Et c'est là que "la foudre frappa une seconde fois". Ayant moi-même vécu une expérience similaire, je trouve que l'expression est particulièrement bien choisie. Si vous voulez voir votre socle de croyances balayé du revers de la main (surtout si comme moi vous avez un fond cartésien doublé d'une approche pragmatique des arts martiaux), entrez simplement dans une salle où Maître Ding dispense son enseignement. Vous aussi risquez d'être "frappé par la foudre".

Après des années de voyages à travers toute l'Europe aux côtés de Maître Ding pour l'assister lors de stages et de séminaires, Ross est bien placé pour décrire son approche si particulière, qu'il définit comme "un mélange d'ancien et de moderne". Il explique que, même si le Maître attend de chacun qu'il se dépasse pour arriver à ses fins, il a cette capacité incroyable de déceler les attentes de chacun et de lui donner les moyens d'y parvenir.

La partie la plus intéressante de l'interview est celle où il définit le Tai Chi comme l'art de "la souplesse et du ressenti", où tout évolue à l'unisson vers un but unique, une philosophie entièrement contenue dans une pratique qui lie corps et esprit : "le but ultime est bien entendu d'intégrer ces principes à notre personnalité. Avec la pratique du Tai Chi Chuan, nous ne faisons pas quelque chose de différent, nous devenons quelqu'un de différent".

Si vous voulez suivre un cours avec Ross, il vous faudra aller jusqu'à Dublin. Mais il y a mieux : si vous assistez à un des stages de Maître Ding (en août ou décembre), vous aurez non seulement l'occasion de rencontrer le Maître en personne, mais en plus Ross est toujours là, à quelques pas de vous, prêt à expliquer avec patience et générosité, un savoir qu'il a mis plusieurs dizaines d'années à peaufiner.